Le gouverneur de la Banque centrale : La transition vers l'euro est un succès, désormais les résultats dépendent de la qualité des décisions.
La Bulgarie est entrée dans la zone euro avec un système bancaire solidement capitalisé et liquide, une tradition de supervision prudente et un cadre macroprudentiel performant, explique Dimitar Radev, gouverneur de la Banque nationale de Bulgarie (BNB), dans sa publication « L’euro est un cadre. La stabilité est un choix », parue dans le dernier bulletin trimestriel de l’Association des banques de Bulgarie (ABB). « Il s’agit d’un atout national. Il ne faut ni le considérer comme acquis ni le dilapider progressivement dans la course aux parts de marché à court terme », précise l’analyse, publiée le 21 août sur les sites web de l’ABB et de la BNB.
« La transition a été un succès. C’est un bon début, mais ce n’est qu’un début. Désormais, les résultats dépendront de la qualité des décisions prises et de la cohérence avec laquelle nous les mettrons en œuvre. L’euro est un cadre. La stabilité reste un choix », déclare le gouverneur de la BNB.
Radev souligne que le premier bilan, sept mois après l'introduction de l'euro, est positif : les paiements se sont poursuivis sans interruption, les comptes ont été convertis, des liquidités suffisantes ont été mises à disposition et les clients ont été servis. « Une opération qui a touché la quasi-totalité des contrats, des comptes et des caisses du pays s'est déroulée sans perturbation systémique », ajoute-t-il.
« Nous avons des raisons d’être satisfaits, mais pas complaisants. Le public ne jugera pas l’appartenance à la zone euro uniquement sur la base de la qualité de la transition technique. Son appréciation sera façonnée par son expérience quotidienne : les prix, les taux d’intérêt, l’accès au crédit et la sécurité de l’épargne. La conclusion à ce stade est claire : le cadre est plus solide, et cela implique une plus grande responsabilité de notre part », déclare le gouverneur de la BNB dans la publication.
Radev souligne que pour la BNB, la prochaine étape implique une participation active à l'Eurosystème, des explications précises et accessibles sur l'inflation, un suivi rigoureux du cycle de crédit intérieur et le maintien du caractère préventif de sa politique de fonds propres. La banque centrale ajustera ses instruments lorsque les données le justifieront, et non lorsque des pressions à court terme rendront un changement plus opportun, ajoute-t-il.
Pour les banques, la norme est une gestion prudente des prêts, une gouvernance solide, des relations transparentes avec les clients et des réserves de capital adéquates, poursuit-il. Les scénarios de taux d'intérêt de la zone euro doivent être intégrés à la tarification des prêts et à la planification du risque de taux d'intérêt, de la liquidité et des fonds propres. Les systèmes de données et de gestion doivent identifier les concentrations et les vulnérabilités associées avant qu'elles ne se traduisent par des impayés, affirme Radev.
Selon lui, il ne s'agit pas d'un programme visant à restreindre administrativement le crédit. L'économie bulgare a besoin de financements pour les investissements productifs, l'innovation, la transition énergétique, les infrastructures et une prospérité accrue. L'objectif est d'offrir des prêts de meilleure qualité : adaptés aux risques, garantis par des revenus durables et capables de résister aux conjonctures défavorables, explique Radev.
« Les critères de réussite sont clairs. L’inflation doit converger durablement vers un niveau compatible avec la stabilité des prix. Le crédit doit soutenir la croissance productive sans engendrer un endettement excessif. Les banques doivent conserver leur capacité à absorber les chocs et à financer les ménages et les entreprises », poursuit l’analyse.