Une conférence de haut niveau à Sofia examine l'adhésion de la Bulgarie au Mécanisme européen de stabilité et sa participation à l'architecture financière de la zone euro.
« L’adhésion de la Bulgarie au Mécanisme européen de stabilité (MES), dont elle devient le 21e membre, constitue une étape importante pour notre pays. L’intégration complète représente un tournant crucial pour notre développement économique. Rejoindre ce mécanisme est rassurant, car il s’agit d’un outil sur lequel nous pouvons compter en cas de besoin. C’est avant tout une responsabilité, celle de veiller à la santé et à la pérennité de nos finances. » Tels ont déclaré le Premier ministre Roumen Radev lors de l’ouverture de la conférence de haut niveau intitulée « Construire ensemble la résilience : l’adhésion de la Bulgarie au MES ».
Le principal objectif du forum organisé par le ministère des Finances et le Mécanisme européen de stabilité (MES) était l'adhésion de la Bulgarie au Mécanisme et son importance pour la participation du pays à l'architecture financière de la zone euro.
Dans son discours, le Premier ministre Radev a souligné que l'adhésion au MES reconnaissait les efforts déployés par la Bulgarie jusqu'à présent et traçait les perspectives du pays au sein de l'Union économique et monétaire. « Nous nous employons à relever les défis liés au déficit et à rétablir un système financier durable, à renforcer l'État de droit et le cadre législatif, et à tirer pleinement parti des avantages de l'appartenance à la zone euro », a-t-il ajouté. M. Radev a déclaré que la Bulgarie comptait également sur le MES pour « occuper la place qui lui revient en tant que pays constructif, actif et porteur de solutions pour l'avenir de l'UE. Nous avons besoin de cette stabilité. Nous solliciterons l'appui d'experts sur deux points essentiels : les partenariats public-privé, afin de mobiliser des capitaux privés pour la construction d'infrastructures critiques, et la mobilisation de fonds dans un autre domaine afin de libérer ce potentiel et de faire de la Bulgarie un acteur stratégique pour la stabilité et l'avenir de l'Europe. »
Pour sa part, le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Galab Donev, a souligné qu'après l'adhésion à la zone euro, les citoyens et les entreprises bulgares ont constaté une plus grande stabilité sur les marchés bulgares et ont davantage confiance dans les institutions et la stabilité budgétaire. « Les investissements ont quasiment doublé depuis l'année dernière. Nous affichons une croissance économique stable, supérieure à celle des autres pays de la zone euro (2,8 à 2,9 %, soit près de trois fois plus élevée), mais l'inflation a augmenté de 5,1 % en rythme annuel. Cela représente un défi que nous devons relever », a déclaré le ministre des Finances. M. Donev a également mis en avant la revalorisation de la notation de crédit par les agences de notation internationales : « Les marchés apprécient le fait que la Bulgarie dispose d'un gouvernement stable et d'une majorité parlementaire. Ces résultats confèrent à la politique bulgare une pérennité et une prévisibilité accrues. Nous avons une vision claire, un programme précis et public, avec des priorités dans les secteurs clés. »
Pierre Gramegna, directeur général du MES et invité d'honneur à l'événement, a félicité la Bulgarie pour son adhésion au Mécanisme européen de stabilité. « Rejoindre le MES, c'est bénéficier de la solidarité européenne, créée pour préserver la stabilité financière de la zone euro et contribuer à prévenir les crises financières », a déclaré M. Gramegna. « Grâce à son adhésion, la Bulgarie a également pris part aux décisions du filet de sécurité financière de la zone euro. »
Le président de l'Eurogroupe et du Conseil des gouverneurs du MES, Kyriakos Pierrakakis, s'est également adressé aux participants par le biais d'un message vidéo.
La conférence a permis un échange de vues entre les représentants des institutions financières et économiques européennes et nationales, du monde universitaire, du secteur non gouvernemental, des médias et des investisseurs sur la capacité de la zone euro à relever les défis macroéconomiques actuels et futurs dans un contexte d'incertitude économique accrue, ainsi que sur les politiques visant à renforcer la résilience, la compétitivité et la croissance économique.